La « social TV » donne plus de voix aux programmes

Audience le mag
25% des internautes ont déjà commenté sur Internet un programme TV qu’ils étaient en train de regarder

Ces nouvelles possibilités d’expression sur Internet, et en particulier sur les réseaux sociaux, placent le téléspectateur au cœur du jeu télévisuel. Comme l’illustre deux des personnes interrogées dans le cadre de l’étude Social TV de Médiamétrie : « [L’émission] sur Twitter... c’est à la seconde, 200 commentaires à la minute, là ça devient fabuleux... » ; « ... c’est à mourir de rire, les commentaires c’est toujours bien piquant, gratiné, une petite merveille. »

Écran de la convivialité par excellence, la télévision a, depuis toujours, suscité des échanges autour de ses programmes : en famille, entre amis, entre collègues de travail. L’avènement des réseaux sociaux n’a pas seulement amplifié cette pratique, il en redessine les contours. Ces nouveaux outils créent des habitudes inédites et, surtout, des attentes de la part du téléspectateur. A travers son étude sur la social TV, Médiamétrie s’intéresse à l’importance et aux différentes formes de ces nouvelles interactions. Quelles conséquences, pour les chaînes, de l’émergence de ces téléspectateurs participatifs ?

Conversations virtuelles pour visionnage réel

Pour les personnes interrogées, la social TV, c’est avant tout « parler de la TV » avec une communauté de « télénautes » mais aussi voir ou revoir des programmes sur Internet sur les conseils de cette même communauté : « [Cette série] ils mettent dans leurs statuts qu’ils la regardent, ça donne envie de regarder, donc j’y vais », déclare ainsi un adolescent interrogé. La télévision joue essentiellement un rôle de pivot, alimentant de nombreuses discussions qui peuvent aujourd’hui s’épanouir sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter notamment. Ces échanges ont aussi lieu sur les sites des chaînes et forums : « Pendant [cette émission], je vais sur le forum en même temps, ça permet de pouvoir échanger, de ne pas juste regarder le match ». Parmi les genres et thèmes d’émissions de TV les plus commentés sur Internet, on trouve dans le trio de tête le cinéma/les séries, la politique et la télé-réalité.

La « social TV » à tous les temps

Selon le moment où intervient le commentaire, les pratiques des téléspectateurs n’ont ni la même teneur, ni la même visée. La social TV a sa propre temporalité. Avant l’émission, on annonce sa diffusion prochaine aux membres de sa « communauté », fixant une sorte de rendez-vous de visionnage collectif. On s’enquiert aussi de la date de reprise des séries sur les forums dédiés. La social TV prend toute sa dimension pendant le live où les téléspectateurs partagent leur expérience : leurs commentaires sont principalement publiés sur Twitter et Facebook, lieux privilégiés pour s’exprimer pendant les émissions, mais également sur des forums. Après l’émission, les programmes qui ont suscité une implication forte, que ce soit du plaisir, de l’admiration voire une envie de plaisanter, tournent sur Facebook avec l’aide des extraits trouvés sur les sites des chaînes ou les sites de partage de vidéos (YouTube, Dailymotion, etc.).

Des bénéfices partagés entre les téléspectateurs...

En postant un commentaire ou une vidéo d’émission sur un réseau social, l’utilisateur se crée une identité, une image valorisante. Sur Twitter en particulier, la notoriété des « twittos » se mesurant au nombre de personnes qui les « suivent » (leurs « followers »), la concurrence est intense pour devenir « leader d’opinion ».

Le rythme conversationnel, souvent addictif, de ces nouveaux médias induit une tension émotionnelle qui intensifie l’utilisation d’écrans secondaires sur lesquels les téléspectateurs commentent les programmes pendant leur diffusion. Selon l’étude « Screen 360 » de Médiamétrie, en juin 2012, 1 internaute sur 2 a déjà utilisé un second écran (ordinateur fixe ou portable, téléphone mobile ou tablette) en même temps qu’il regardait la télévision. Une pratique portée par la généralisation des ordinateurs portables et le développement exponentiel des smartphones et des tablettes.

...et les chaînes de TV

Pour les chaînes, il est important de réussir à fédérer les commentaires suscités par leurs émissions. De plus en plus de programmes font apparaître un « hashtag » à l’écran, ce qui suscite un grand nombre de commentaires et recommandations sur Twitter.

Les chaînes ont en effet autant à gagner que les téléspectateurs avec la social TV, en organisant ces commentaires et en se montrant à l’écoute des avis et propositions des internautes. La recommandation positive d’une émission sur les réseaux sociaux permet de recruter de nouveaux téléspectateurs, en direct ou en replay, notamment dans le cas des séries : « Je relaie… après ça fait boule de neige » déclare l’un des sondés. Et la conversation autour d’un programme prolonge sa vie. Le téléspectateur a d’autant plus envie de voir en replay une émission ou un épisode d’une série qu’il a manqués si les recommandations sont nombreuses dans sa communauté. Les extraits postés sur Facebook, et largement commentés, initient un cercle vertueux pour les chaînes et leurs contenus.

Quelles sont les attentes des téléspectateurs ? Il existe une véritable attente des téléspectateurs de pouvoir s’exprimer davantage, d’établir un véritable dialogue avec les chaînes, leurs animateurs, leurs stars préférées. Comme le résume une personne interrogée : « Pour moi la vraie interaction, c’est quand on peut interroger les gens qu’on ne peut jamais interroger en direct…soit en leur posant directement la question pendant l’émission, soit en entrant en contact avec eux par Internet après ».

Phénomène naissant mais marquant parmi les pratiques télévisuelles actuelles, la social TV a-t-elle de beaux jours devant elle ? Actuellement portée par l’expansion des seconds écrans, cette pratique pourrait se consolider par l’augmentation de l’équipement en smart TV dans les foyers français.

Florence Bourgade

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Attention : ne s'applique qu'à une proportion. Le Taux Moyen est une moyenne de proportions et la Part d'audience un rapport de proportions.
Cet outil est donné à titre indicatif. Il ne saurait pouvoir s'appliquer sans autres précautions à des fins professionnelles.

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